"Non, je veux pas de câlin." Quand un enfant dit non à l’affection d’un adulte — un parent, un grand-parent, un ami de la famille — que faisons-nous ? Le félicitons-nous d’avoir exprimé sa limite ? Ou insistons-nous, peut-être en disant "Allez, fais un bisou à Mamie" ? Ce moment anodin en apparence est l’un des premiers apprentissages du consentement. Et il compte bien plus qu’on ne le croit.
Le consentement : un concept pour les tout-petits ?
Oui. La notion de consentement peut — et doit — être introduite dès le plus jeune âge, adaptée au niveau de compréhension de l’enfant. Inutile de parler de sexualité ou de relations amoureuses pour l’enseigner. Il commence dans les interactions physiques quotidiennes : les câlins, les jeux, le toucher.
Un enfant qui apprend à dire non à un câlin non désiré, et qui voit ce non respecté, intègre un message fondamental : son corps lui appartient, sa parole compte, et les autres ont des limites à respecter aussi.
Un enfant à qui on apprend que son « non » est entendu et respecté devient un adulte qui respectera le « non » des autres.
Comment l'enseigner concrètement au quotidien ?
L’enseignement du consentement passe par des mots simples, des situations concrètes, et — surtout — par l’exemple que nous donnons en tant qu’adultes.
La règle des maillots de bain est un excellent point de départ dès 3-4 ans : les parties de ton corps couvertes par ton maillot de bain sont des parties intimes. Personne n’a le droit de les toucher sans ta permission.
- Respectez les non de votre enfant concernant le toucher physique (câlins, bises)
- Ne forcez jamais un enfant à embrasser quelqu’un qu’il ne souhaite pas
- Valorisez chaque fois que votre enfant exprime une limite
- Nommez les situations : "Tu as demandé avant de prendre le jouet de ta sœur, c’est bien"
- Utilisez des livres ou des histoires qui mettent en scène le consentement
Le rôle des ateliers EVRAS dans cet apprentissage
Les ateliers EVRAS animés par des professionnel·les formé·es abordent le consentement de façon structurée, adaptée à l’âge et au groupe. Dans un cadre sécurisé, avec des supports pédagogiques adaptés, les enfants peuvent explorer ces notions et poser leurs questions.
Ces ateliers ne viennent pas remplacer la parole des parents — ils la renforcent et lui donnent un cadre commun. Nombre de parents nous confient que suite à un atelier, leur enfant est revenu à la maison avec des questions que le cadre familial n’avait pas encore ouvert.
Le consentement n’est pas un sujet gênant à aborder avec les enfants. C’est l’une des choses les plus importantes que nous puissions leur transmettre — pour leur propre protection, et pour qu’ils grandissent en apprenant à respecter les autres.
