Le mot "sexualité" associé aux enfants suscite souvent des crispations. C’est compréhensible. Mais c’est précisément ce malaise, souvent hérité de nos propres éducations, qui prive nos enfants d’informations essentielles pour leur développement. L’EVRAS — Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle — n’est pas un cours de sexologie pour enfants. C’est une approche globale qui accompagne les jeunes dans la compréhension de leur corps, de leurs émotions et de leurs relations.
De quoi parle-t-on vraiment ?
L’EVRAS, c’est avant tout une éducation à l’amour de soi et des autres. Selon l’âge, les thèmes abordés varient considérablement : chez les 3-5 ans, on parle de parties du corps, d’intimité corporelle, de ce qui est autorisé ou non dans le toucher. Chez les adolescents, les sujets s’élargissent à la puberté, aux relations, au consentement, à l’identité.
Dans tous les cas, l’objectif n’est pas de "parler trop tôt de sexe" mais de donner aux enfants les outils pour comprendre ce qu’ils vivent et le vocabulaire pour le nommer.
Un enfant qui connaît le nom de ses parties intimes et comprend ce qu'est le consentement est un enfant mieux protégé.
Les bénéfices prouvés de l'éducation affective précoce
De nombreuses études, notamment celles de l’OMS, montrent que les programmes d’éducation sexuelle exhaustive retardent le début de l’activité sexuelle, réduisent les comportements à risque et augmentent les comportements de protection.
- Meilleure connaissance du corps et de ses limites
- Développement de la capacité à dire non et à respecter le non de l’autre
- Réduction du risque d’abus sexuels (les enfants informés savent nommer ce qui ne va pas)
- Construction d’une image corporelle positive
- Développement de l’empathie et du respect dans les relations
Le rôle des parents et des professionnels
L’éducation affective et sexuelle n’est pas une mission qui incombe uniquement aux parents ni uniquement à l’école. C’est un travail collectif, où chacun joue un rôle complémentaire. Les ateliers EVRAS animés en milieu scolaire ou associatif ne remplacent pas la parole parentale — ils la renforcent.
Pour les parents, l’important est de rester accessible : répondre aux questions honnêtement, adapter le langage à l’âge, et éviter de transmettre la honte ou le tabou autour du corps et des relations.
Parler d’affectivité, de corps et de relations avec les enfants, c’est leur offrir une boussole pour naviguer dans un monde complexe. C’est leur apprendre à se connaître, à se respecter et à respecter les autres. C’est l’un des plus beaux cadeaux qu’on puisse leur faire.
